Allaiter? Mes questions, mes doutes…

A l’époque où je suis née, les antibiotiques étaient la solution au moindre rhume et l’allaitement n’était pas une bonne option. Comment la science a-t-elle pu se croire si puissante qu’on pensait pouvoir rivaliser avec la nature? On est tellement loin de tout comprendre…Comment dans certains pays d’Afrique, les enfants survivent? Avec des biberons stérilisés?

En partant de ce constat, l’allaitement est devenu une évidence pour moi. En tout cas : un souhait. Je l’imaginais difficile. Mais je me rassurais : « Si c’était naturel, il y a forcément moyen d’être un peu à la hauteur ». Dès que mon bébé s’est accroché au fond de moi, je me suis posée mille et une questions très terre à terre. J’en suis arrivée à ressentir que j’étais un simple mammifère, un animal. On doit pouvoir survivre dans la nature sans la technologie qui nous entoure! Au diable la pression qui nous entoure, non?

Une petite histoire: je marchais beaucoup les derniers mois de ma grossesse… Et je me suis retrouvée avec une personne dans un rayon vêtement. Elle me regarde avec un grand sourire, me demande si c’est une fille ou un garçon. Très contente de voir que j’avais l’air radieuse, elle poursuit en me demandant :  » Vous allez allaiter, n’est-ce pas? ». A cette question je me suis sentie pudique, chose que je ne pensais pas être et surtout j’ai sentie une pression… J’ai répondu que c’était mon souhait mais j’espèrais pouvoir ! Elle a enchaîné : « Ma fille n’a pas allaité, elle n’a pas voulu. C’est pas bien. Il faut allaiter ! c’est mieux! C’est important. » J’avais l’impression d’être prise à partie. Et franchement, j’ai été touchée par sa fille. La pauvre, elle a du ressentir beaucoup de pression. Malgré mon expérience inexistante de l’allaitement, j’ai pris sa défense: « Ce n’est pas évident, c’est quelque chose de très prenant et on n’a pas toujours le choix. » Je ne pense pas qu’elle m’ait vraiment écouté.
J’étais quand même loin d’imaginer la difficulté, l’inconnu. Et en même temps loin d’imaginer le bonheur de se sentir autant en harmonie avec son enfant.

Comment faire? Qui croire?

Je n’avais jamais vu quelqu’un débuter un allaitement. Ma maman ne pouvait pas me donner des conseils sur son vécu, elle même n’ayant pas allaité. Et pourtant, nous recevons beaucoup de conseils si divergeants!

Le meilleur conseil que j’ai reçu est de rassembler le plus de conseils et de ne faire que selon son propre instinct. Même entre sage-femmes de la même maternité, les avis divergent! Pas la peine de se sentir obligée ni mal à l’aise. Par contre, il faudrait se faire un peu plus confiance et être capable de dire aux personnes qui nous conseillent qu’on est tout simplement pas d’accord et qu’on ne souhaite pas le faire ainsi. J’ai dit à plusieurs reprises et ce presque tous les jours depuis la naissance : « J’ai bien compris le conseil, je le note. Mais je ne vais pas le suivre. J’ai peut-être tord, mais j’ai envie de le faire à ma manière. Je changerais d’avis après, qui sait!?« .

Mais comment savoir lorsqu’on se retrouve seule avec son bébé qui hurle ? Est-ce parce qu’il a faim ? Est-ce parce qu’il n’arrive pas à teter ou parce qu’il a mal quelque part?

S’il s’endort sur le sein, comment savoir s’il a assez bu? Comment savoir s’il dort du sommeil du juste ou qu’il est trop fatigué pour continuer?

S’il n’a pas fait de petit rot peut-on quand même le coucher pour enfin se reposer un peu?

On ne sait pas : on devine. On essaye du moins… A force de se tromper, on trouve et on se rythme avec le bébé. Disons qu’il faut mettre en marche la machine à lait et savoir laisser le bébé nous guider.

A partir de ce moment là, tout est du bonheur! Des biberons toujours à la bonne température, toujours prêts. Dans la voiture ou au supermarché, dans les salles d’attente, chez des amis, c’est toujours prêt!

S’entourer pour mieux donner…

J’ai demandé de l’aide, du soutien pour pouvoir me reposer pendant la journée les deux premières semaines et affronter les longues nuits des premiers jours. J’ai pu me remettre beaucoup plus vite et être bien (au moins le temps de roder les choses). Etre entourée également pour partager toutes les émotions qui nous inondent à chaque instant.

[Anecdote : C’est mon papa qui est allé m’acheter un soutien gorge d’allaitement parce que j’avais pris trop petit surtout après la monté de lait. :)]

trefleLe conseil qui a fonctionné…

Un conseil que j’ai récolté et qui a porté ses fruits : j’avais beaucoup de lait et je ne le savais pas. Mon bébé s’endormait avant d’avoir le bon lait. Il avait bu surtout de l’eau et du coup une heure après, il hurlait de faim. A nouveau, je lui donnais et il ne buvait que de l’eau… J’ai appris à tirer un peu du lait si je sentais que mon sein était trop rempli et je l’ai motivé à boire un peu plus longtemps. D’un seul coup, les trois heures de sommeil d’affilées furent un paradis. Moins fatiguée, mon lait était meilleur et mon bébé beaucoup plus zen, le papa aussi!

Se séparer…

Les premières fois où il a fallu me séparer de mon bébé pendant l’allaitement, je me suis sentie tellement mal, plus mal que lui. Et s’il m’arrivait quelque chose? Si soudainement j’étais malade? De plus au bout de quelques mois, il me fallait reprendre le travail à plein temps.

Nous avons pris le temps : un bon mois pour apprendre et prendre le goût du biberon. Une fois acquis, c’était très agréable de partager ces moments avec lui aussi. J’ai découvert une complicité qui n’était pas toujours là pendant la têtée. Comme si la têtée était plus fusionnelle et épuisante pour lui. Du coup, mon bébé me faisait des caresses et jouait avec mes cheveux pendant le bib’, observait davantage le reste du monde et son papa… Pour celles qui ne peuvent pas ou qui ne se sentent pas la force : pas de culpabilité, de l’amour il y en aura!!! Et le papa partage beaucoup plus ces instants de bonheur.

trombone bleuConseils en vrac

  • Boire beaucoup d’eau mais en petite quantité. Le jour de la monté de lait, si elle est importante et douloureuse ne pas boire d’eau mais juste quelques petits verres…
  • Faire en sorte que le bébé prenne tout le têton dans la bouche. Ca ne doit pas faire mal du tout. L’aider en tenant avec deux doigts si nécessaire en pinçant le têton.
  • Rapporter pleins de petits coussins à poser sous les bras qui portent bébé.
  • Des chaises à accoudoirs ou fauteuils dans les chambres, c’est bien pratique surtout dans la nuit. Des mouchoirs en papier un peu partout là ou on allaite pour les petites bouches qui s’endorment toutes pleines de lait!
  • Mettre des gilets sur des débardeurs c’est pratique pour ne pas se dévétir de trop surtout en public.
  • Des barettes pour tenir les cheveux évitent les nez qui chatouillent!
  • Utiliser des déodorants sans aluminium et je conseillerais d’éviter les crèmes dépilatoires (chimiques à souhait).
  • Manger surtout quand vous avez faim. Ne pas se priver en cette période. C’est épuisant et si vous avez faim, c’est que l’organisme en a besoin.

Pomme verteAliments qui aident à avoir plus de lait

  • Bière sans alcool, cumin, coriandre, lentilles, fenouil, eau…

pomme rougeAliments qui aident à avoir moins de lait

  • Sauge, persil, sauge, oseille, choux vert…